J'ai pris le temps de lire la fiche, de me projeter dans le poste, et de mettre par écrit ce que je ferais les premiers mois et après. L'idée est d'avoir une base de discussion pour identifier les sujets prioritaires, et écarter ceux qui ne sont pas dans le scope.
À partir de la fiche, c'est un poste de pilotage plus qu'un poste de pur run. Il y a une offre de service à faire vivre pour les 6 000 collaborateurs, en lien avec les métiers, la sécurité et le réseau. Si je me trompe sur ce qui compte vraiment chez vous, vous me le direz.
L'admin tenant, les incidents, les licences, la doc, les fournisseurs, les sites. C'est ce qui doit marcher tous les jours pour les 6 000 collaborateurs. Le socle.
Définir et faire vivre l'offre Digital Workplace groupe. Les déploiements en coordination avec la sécurité, le réseau et les métiers. Et surtout regarder si les outils sont vraiment utilisés, pas juste s'ils ont été déployés.
Politiques d'usage, environnements supervisés, cycle de vie. Pour que le low-code reste une plateforme pilotée et pas des dizaines d'apps créées dans tous les sens sans personne pour suivre derrière.
Manager, faire monter en compétence, continuer à structurer le travail collectif. À la fin de la journée, le Digital Workplace, c'est un service rendu aux 6 000 collaborateurs.
Je n'arriverais pas avec un plan tout fait. C'est plutôt une façon de m'y prendre, à ajuster en fonction de ce que je découvrirai sur place.
Voici cinq pistes que je vois en lisant la fiche, sans vouloir rien imposer. Certaines sont peut-être déjà bien avancées chez vous, d'autres pas du tout. C'est un point de départ pour qu'on en parle.
Environnements par pays ou par division, conventions de nommage, politiques DLP, supervision des connecteurs sensibles, processus de fin de maintenance. C'est un chantier comparable à celui que j'ai mené chez Verisure, à adapter à la direction que vous souhaitez prendre.
Cartographie des sites SharePoint, des équipes Teams, conventions de nommage, politiques de cycle de vie, gestion des canaux privés et des invités externes. Cadrer la création sans la bloquer, pour garder de la lisibilité avec le temps. Si certaines briques existent déjà, on capitalise dessus.
Revue des groupes, accès conditionnel, politiques d'authentification. Côté licences : usage réel vs licence attribuée, suivi budgétaire. C'est un terrain où je viens avec moins d'expertise tenant pure, mais avec une logique d'usage et de mesure que j'aimerais apporter, en m'appuyant sur l'équipe en place.
Si le sujet est ouvert chez vous : pilote cadré sur 1 ou 2 populations, mesure de l'usage réel, cas d'usage prioritaires (rédaction, synthèse, recherche documentaire). Je préfère une approche prudente, pilote avant généralisation, à un déploiement large mal préparé.
Catalogue de service Digital Workplace lisible par les métiers, SLA explicites, intégration Jira, documentation vivante. Reporting mensuel à la direction avec une mesure de la valeur du service rendu : adoption, satisfaction, performance des outils, coût licence par usage. La logique de mesure que j'ai mise en place chez Verisure peut se transposer, même si le périmètre n'est pas le même.
Quelques éléments concrets sur ce qu'on a construit. Chaque solution est tracée dans un référentiel : qui a demandé, qui a développé, quand, pour quel volume, avec quel statut. Voici les grandes lignes.
Operations (563), Finance (145), Sales (53), HR (32), Marketing. Stack 78% Power Platform, 17% UiPath, le reste Python & Streamlit.
Extension du pôle FR vers UK avec mêmes standards, mêmes conventions, même référentiel. Équipe locale autonome sur le delivery, alignement central sur la gouvernance.
Je suis resté techniquement impliqué dans le développement : ça me permet de garder une bonne lecture du terrain, des arbitrages techniques et des relations métiers. Le reste a été livré par mon équipe (France et UK) que j'ai pilotée.
30% du portefeuille a été désactivé via un process de fin de maintenance qu'on a mis en place. J'ai désactivé moi-même 203 solutions que j'avais construites : on ne maintient pas ce qui n'apporte plus de valeur. Je trouve ça plus sain que d'accumuler indéfiniment, et ça permet à l'équipe de rester concentrée sur les sujets en cours.
Ces pratiques tournent chez Verisure depuis 5 ans. Je pense qu'elles peuvent servir sur un Digital Workplace aussi, à adapter bien sûr.
Les règles, les standards, les politiques d'usage sont publiés et accessibles à toute l'entreprise. Concrètement, les métiers savent ce qu'ils peuvent demander, et l'équipe sait sur quoi elle peut s'engager. Quand le cadre est clair, ça simplifie le quotidien des deux côtés. À adapter selon ce qui existe déjà chez vous côté Power Platform et M365.
Revue d'usage régulière, identification des flux orphelins ou à faible valeur, désactivation contrôlée avec communication métier. Pas une purge brutale, un cycle de vie maîtrisé. La même logique pourrait s'appliquer au catalogue d'apps Power Platform ou aux espaces SharePoint/Teams, si vous en sentez le besoin.
Chaque solution livrée porte un saving mesuré (secondes × volume annuel), validé avec le demandeur métier. Un dashboard de suivi en temps réel agrège ces données par solution, par département, par pays. Ça permet à la direction de voir où va la valeur, et à l'équipe de garder un objectif clair. Les mêmes principes pourraient se transposer au Digital Workplace : suivre l'adoption, le gain par utilisateur, le coût licence par usage. À voir ce qui fait sens chez vous.
Un parcours clair pour les demandes métier : où la déposer, qui la qualifie, comment elle est priorisée, qui la prend en charge, quel délai de retour. C'est un cadre qu'on a construit chez Verisure pour éviter que les demandes arrivent en désordre et que l'équipe se disperse. Il peut se transposer au Digital Workplace pour clarifier l'interface entre les métiers et l'équipe.